“Je Suis Libérée De La Culpabilité De M'être Trop Vendue, Je Ne Suis Plus Une Pompe À Fric!”

Pour beaucoup, Mariah Carey était “finie.” Ses deux derniers albums ont été des échecs commerciaux, tout comme son premier film, Glitter. Mais, à 35 ans, la diva ressort ses griffes avec The Emancipation of Mimi. Quelle(s) forme(s)!

Mariah Carey - Entrevue Magazine (France) - January 2006 - Scans
Magazine Scans
Entrevue (FR) January 2006. Text by Bruno Lester.

C'est une star aussi célèbre qu'Elvis Presley ou les Beatles que j'attends depuis plus d'une heure à l'Hotel Florida, à Barcelone. Quand Mariah Carey arrive, c'est flanquée de deux gardes du corps et de deux assistants. Difficile dans ces conditions de se dire qu'elle n'est pas une diva, comme elle le prétend… D'autant qu'elle porte une mini-robe rouge sang au décolleté profond et des lunettes noires. En tout cas, Mariah sait soigner son entrée!

Avec The Emancipation of Mimi, tu regoûtes enfin aux joies du succès!
Oui. Une grande carrière n'existe pas sans moments difficiles. Il faut savoir rester positif, sinon la tristesse prend le dessus et l'on devient amer. Moi, je vais de l'avant, je ne me retourne jamais.

C'est la seizième fois qu'un de tes titres se classe numéro 1 aux États-Unis. Seuls Elvis et les Beatles ont fait mieux. Ça te fait quoi?
Je suis très heureuse. Les flops m'ont rendue plus forte et me font apprécier d'autant plus ce qui arrive. Mais je ne prétends pas jouer dans la cour d'Elvis ou des Beatles!

Pourquoi cet album fait-il un carton?
Parce que je suis enfin moi, celle qu'on appelle Mimi dans le privé. Je suis libérée de la culpabilité de m'être trop vendue, je ne suis plus une pompe à fric!

En 2001, des rumeurs de suicide ont circulé car tu avais été hospitalisée.
C'était le résultat d'un épuisement, bien plus que de problèmes psychologiques ou “chimiques.” C'est vrai que j'étais mal, le fait de dormir aussi peu était une torture psychologique.

Que s'est-il passé concrètement?
J'étais chez ma mère quand je me suis évanouie. Et elle a appelé les urgences, ce qui n'estpas vraiment la chose à faire avec une “superstar”! (Rires.)

La pression était trop forte à cette époque?
Oui. Et j'ai surtout fait l'énorme erreur de signer un contrat avec EMI (son ancienne maison de disques, ndlr) uniquement basé sur l'argent.

Qu'en est-il aujourd'hui?
Jai fait inclure des clauses dans mon contrat que mes collaborateurs doivent respecter.

Ça veut dire quoi exactement?
Ils savent que j'ai droit à des pauses pour déjeuner et que je dois dormir au minimum cinq ou six heures par nuit.

Tu ne regrettes pas d'avoir joué dans Glitter?
Pas du tout. Le problème est que le film raconte la vie d'une diva. C'était trop proche de ma vie et ça a fini en projet destiné aux jeunes de 10 ans. Mais grâce à la comédie, j'ai accepté ma vie et mon passé.

Comme le fait d'avoir été élevée dans une famille pauvre?
Oui. Je ne me sentais en sécurité nulle part. Adolescente, je n'avais pas confiance dans le genre humain.

Dans ton dernier album, plusieurs chansons révèlent ta crainte des relations sentimentales…
C'est très difficile, mais c'est comme ça dans le monde du divertissement. Qui plus est quand on est une femme. Je veux bien qu'on m'aide, à condition qu'on ne m'impose rien. Et beaucoup d'hommes ont voulu me diriger…

D'autant plus que ça ne doit pas être facile d'avoir une relation quand on passe son temps en voyage…
En ce domaine, ma philosophie c'est: “Si on n'y arrive pas, tant pis!” Je le répète, en amour j'ai du mal à croire au définitif. Le divorce de mes parents m'a laissé une bonne dose de cynisme. Et puis, je ne veux pas trop te parler de ma vie privée. J'estime que cela abîme vraiment les choses. L'intimité du cœur résiste mal à la une des magazines.

Il y a quelqu'un dans ta vie?
Non, je ne suis plus à la recherche d'un homme prêt à m'enlever sur son étalon pour me sauver la vie.